Les élections municipales de Mars 2008 ont envoyé trois conseillers municipaux communistes et républicains au Conseil Municipal d'Aulnoy-lez-Valenciennes. Ce blog a pour but de permettre aux jeunes et aux salariés aulnésiens de rester en contact avec eux.
Conseil Général du Nord
Débat d’orientation budgétaire
Séances plénières
des 24 et 25 Janvier 2011
Intervention de
Norbert JESSUS
Conseiller Général
Du canton de Valenciennes-Sud
sur la Jeunesse
Monsieur le Président,
Cher(e)s Collègues,
Alors que nous sommes réunis pour le débat d’orientation budgétaire de 2011, plusieurs de nos collègues ont déjà évoqué la situation particulièrement difficile de la préparation de ce budget, et je vais, moi aussi, dans ce sens, en pointant plus particulièrement le sort réservé à notre jeunesse.
Il y a quelques années, alors candidat aux élections présidentielles, Nicolas SARKOZY annonçait : « si je suis élu, je mettrai en œuvre un plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu’aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi ».
Qu’en est-il de ce plan aujourd’hui, notamment, dans notre département ?
Alors que le Nord bénéficie d’une population jeune plus importante qu’au niveau national, 35,10 % ont moins de 25 ans, cela représente trois points de plus par rapport à la moyenne dans les autres départements millionnaires, nous enregistrons également le triste record des chômeurs de moins de 25 ans qui s’élève à 23,3 %, soit 6 points de plus que la moyenne.
Je précise que 5,9 % sont des chômeurs « premier emploi », alors qu’il y en a 3,7 % dans les autres départements millionnaires. Cela veut dire qu’à peine sorti des cycles d’études, acquis ou non, alors que les jeunes se présentent pour la première fois sur le marché du travail, on les enregistre directement dans les fichiers de pôle emploi.
Dans notre département, ce sont donc à la fois les populations les moins qualifiées, les plus jeunes et sans expérience professionnelle qui sont les plus touchées par le chômage.
Et comment les jeunes peuvent étudier et se former, dans de bonnes conditions, quand on supprime des milliers de postes dans l’éducation nationale et qu’ils se retrouvent à 38 par classes ! Et je ne rentrerai pas dans le détail des universités qui sont livrées au privé.
De plus en plus de lycéens et d’étudiants sont exclus du système boursier dont il faut revoir le processus d’attribution et les barèmes. Le niveau, beaucoup trop bas, ne peut garantir l’égalité républicaine permettant aux jeunes dans le système scolaire d’étudier dans des conditions favorables pour leur avenir.
Moins de formation, moins de qualification égal plus de chance de ne pas s’en sortir. Il faut à un jeune entre 8 et 11 ans, en moyenne, pour décrocher un Contrat à Durée Indéterminée.
Dans le département, une part importante du budget est consacrée à l’insertion des jeunes, pour un montant de près de 35 millions d’euros, soit par le biais de la politique de prévention spécialisée, ou, par l’attribution du Fonds Départemental d’Aide aux jeunes, permettant la réalisation de projets individuels ou d’actions collectives. Mais ce que l’on ne précise pas c’est que ces fonds ont été transférés aux conseils généraux sans financement complémentaire de la part de l’Etat. Encore une fois nous assistons à un désengagement sur le dos des collectivités territoriales.
Face à l’urgence de la crise et au développement de pauvreté, devant cette jeunesse inquiète et mobilisée pour son avenir, et à défaut de leur proposer un emploi, le gouvernement a annoncé l’extension du revenu de solidarité active aux moins de 25 ans. Revenu de solidarité pour lequel notre assemblée envisage de budgétiser plus de 500 millions d’euros afin d’assurer son versement aux 92 500 allocataires du département. Pour rappel dans le Nord la population totale couverte par le R. S. A. correspond à 10,8 % de la population totale, soit 5 points de plus que la moyenne nationale, dont une part importante à la jeunesse.
Non seulement cette proposition ne les sortirait pas de la pauvreté, tout en les enfermant, au contraire, dans les trappes à bas salaires mais, en outre, le vrai problème de la pauvreté juvénile réside dans l’absence de création d’emplois stables et correctement rémunérés, situation aggravée par le recul de l’âge de la retraite.
Il est grand temps de mettre en place un plan d’urgence pour les jeunes en leur assurant un C. D. I. dès leur arrivée sur le marché de l’emploi, en imposant aux entreprises des obligations d’emplois des jeunes, le non respect entrainant une pénalité sous forme de prélèvement contribuant à financer leur formation et leur insertion, en instaurant un plan de conversion de tous les emplois précaires en emplois stables et une allocation différenciée, parce que nous savons bien que la meilleure arme sur le marché du travail reste le niveau du diplôme et la qualité de la formation initiale.
Il faut également régler leur problème de logement, même si notre assemblée apporte une attention particulière à cette question en proposant des aides à l’installation des jeunes en voie d’insertion, tout n’est pas réglé.
Y’en a marre de toutes ces propositions « bidon », y’en a marre que tout soit fait pour le « fric » et rien pour l’Humain !
Parce que les jeunes sont l’avenir de la société, ce qu’il leur faut ce sont de bonnes conditions de vie, d’études, de travail, on doit leur donner des droits et des pouvoirs leur permettant de retrouver une place de premier plan dans notre pays et surtout dans notre département !