EMPLOI.
À Marly et à Saultain (Nord), 240 salariés licenciés vont toucher une indemnité supralégale de 25 000 euros.
Après dix jours de grève, l’intersyndicale a réussi à arracher, mercredi dernier, 25 000 euros de prime supralégale pour chacune des 240 personnes licenciées, plus 1 200 euros par année
d’ancienneté. En moyenne, 55 000 euros par salarié. Pour Christian Bassez, délégué syndical CGT, « ce n’est pas une vraie victoire. On aurait voulu sauver les 240 emplois. On s’est quand
même battus pour que les gens ne partent pas sans rien. Parce que c’est clair que, à 50 ans, pour retrouver du boulot, c’est niet ». Le groupe, leader mondial dans les peintures décoratives,
emploie près de 45 000 personnes dans le monde. En mars dernier, il a annoncé un plan de suppression de 240 emplois sur les sites de Saultain et de Marly. Pour le syndicaliste, « c’est sûr,
ils ont profité de la crise pour accélérer la délocalisation. Je crois qu’ils vont gagner 13 millions d’euros rien qu’en supprimant les 240 emplois ». Fin 2008, PPG a enregistré un bénéfice
net de 538 millions de dollars ainsi qu’une augmentation de 30 % de ses ventes. « PPG est l’exemple type de l’entreprise qui réalise d’énormes bénéfices, fruits du travail des salariés,
mais qui, pour des raisons boursières, envisage un plan de licenciement injuste et inacceptable », s’indigne Fabien Thiémé, maire communiste de Marly. Le plan de licenciement est un coup dur
pour la région : « Alors que son taux de chômage est déjà plus élevé que celui de la moyenne nationale, le Valenciennois, dans lequel l’industrie tient une place importante, est encore
plus touché par la crise », déplore-t-il. Pendant ce temps-là, sur le site Internet du groupe, les dirigeants se félicitent d’une « gestion des coûts agressive et des actions de
restructuration qui ont significativement contribué à améliorer les résultats de l’entreprise ». L’accord final, présenté hier au personnel par les syndicats, devrait être signé le 28
juillet.