« Vote pour toit »
A trois semaines des élections municipales et cantonales, la Fondation « Abbé Pierre » a publié un rapport explosif sur le logement. On y apprend que de nombreux Maires ne
respectent pas la loi qui indique que dans chaque commune l'offre de logement public doit atteindre un seuil de 20% (loi SRU).
Avoir un toit, un droit?
Trois millions de mal logés en France. Cette question est devenue majeure pour nos concitoyens.
Un Français sur deux qui craint de perdre son logement (enquête BVA / L'Humanité/La Vie). Listes d'attente, exclusion des centres-villes, logements insalubres,
sans-logis, difficultés d'accès au premier logement pour les jeunes, flambée des loyers et des charges... elle ne touche plus seulement les plus modestes.
Et quand le pouvoir d'achat est la première préoccupation, le logement est devenu pour beaucoup de familles le premier poste de dépense. Pire, il y a trente ans,
la part du budget des ménages consacrée à l'habitat était équivalente quelques soient les revenus, aujourd'hui elle représente 25% pour les plus modestes, 11% seulement pour les plus
riches!
C'est inadmissible.
La droite, la gauche, ce n'est pas la même chose
Les gouvernements de droite ne cessent d'aggraver la situation. La pénurie, fait s'envoler les loyers comme les prix de l'immobilier. La politique de la ville encourage les
démolitions sans que les reconstructions soient toujours au rendez-vous. Les aides à la construction et à la réhabilitations diminuent. Les offices HLM sont étranglés financièrement et incités à
se privatiser. Dans certaines villes ou certains quartiers, accéder à la propriété devient impossible même avec un pouvoir d'achat correct. Ce sont les ghettos des riches.
Nicolas Sarkozy a trouvé la réponse au problème: « tous propriétaires ». Mais sans augmentation des salaires. Il projette même la vente d'un logement HLM sur
trois. Les banques se frottent d'avance les mains en pensant aux remboursements d'emprunt. Jusqu'à une crise des « subprimes » comme aux Etats-Unis?
Le logement n'est pas une marchandise
Beaucoup de maires de gauche, et d'abord les maires communistes, travaillent activement à répondre aux besoins. Ils agissent contre la spéculation immobilière, construisent du
logement pour tous et de qualité, diversifié. Ils sont les premiers à intégrer la « haute performance énergétique et écologique ».
Mais tous ces efforts sont limités voire contrariés par la politique nationale dont le logement est et doit rester une compétence. C'est pourquoi les candidats communistes
porteront dans ces élections les exigence de:
● la construction de 600000 logements publics en France sur cinq ans.
● un plan d'élimination de l'habitat insalubre
● une “ Charte des hôtels meublés ”, afin d’assurer la dignité des conditions d’habitation ainsi qu'un partenariat entre collectivités territoriales et Offices publics pour le
logement d'urgence
● le gel, dans l'immédiat, des loyers avec compensations pour les Offices HLM
● l'application de la loi SRU qui imposent aux villes de se doter de 20% au moins de logements publics et l'inégibilité pour les maires ne respectant pas la loi comme à Saint Maur
(94), Neuilly (92) Toulon (83) ou Nice (06)
● le maintien de l'usage des fonds du livret A pour le logement et la revalorisation de la participation des employeurs pour retrouver le « 1% logement »
Une semaine après le vote des 9 et 16 mars prochains, avec le retour du printemps, les expulsions seront de nouveau autorisées par les préfets. Les candidats communistes
proposent la suspension de toute expulsion locative tant qu'il n'y aura pas de dispositions concrètes de la loi sur le droit au logement opposable et agirons en ce sens. Cela vaut le coup de
voter pour eux et de les élire.
Des chiffres pour comprendre...
►435 villes n'ont pas respecté l'objectif fixé par la loi SRU d'aller vers les 20% de
logements publics. Seules140 constats de carence ont été dressés de 2002 à 2006.
►Seuls 13% des étudiants peuvent bénéficier d'un logement en cité U.
►100 000 Sdf, 1.031500 personnes privées de domicile personnel, 823000 hébergées chez des tiers, 2187000 sans sanitaires ou en surpeuplement aggravé (rapport
annuel 2008).
►Depuis 1997, l'Etat a baissé sa participation aux réhabilitations de 100000 logements par an.
►+93% c'est l'écart entre un loyer public et privé en France. + 172% à Paris.
►En 6 ans, les loyers ont augmenté en moyenne de 30%, les charges de 44% en 10 ans, l'énergie et l'eau de 40%
►Prix moyen du m2 à l'achat, à Aix, 4180 €, Lyon 3044 €, à St-Maur 4570€, à Paris 6223 €. A la location, le m2, Maisons-Alfort, 16,36€, Versailles, 17,83€, Nice, 13,61€, Paris,
22,94€,
►Moyenne de la surface des résidences principales en France: 37 m2 par personnes enfants compris